Quelle priorité pour aujourd’hui ?

Editorial paru dans le lien de juin 2018

En février 2018, cherchant en urgence un nouveau lieu pour vivre les Partages Café-Croissants sur St-Nazaire, nous avons été accueillis très chaleureusement par le prêtre Emmanuel Mustière au Carré Saint-Anne. En mai 2018, cherchant désespérément un lieu pour assurer la continuité des cultes à La Baule, le prêtre Jean Provost nous a offert l’hospitalité à la chapelle St-Jean. Deux expériences récentes qui montrent qu’il est loin le temps où il fallut que le roi Henri IV négocie pied à pied l’édit de Nantes pour offrir aux protestants une liberté de culte bien relative et apporter la paix entre confessions opposées. Aujourd’hui, c’est volontairement, « dans le souci d’accueil de frères chrétiens » comme l’a écrit le père Provost, qu’il nous est donné la possibilité d’exercer notre culte.

Les temps ont changé, les questions se sont déplacées et c’est ensemble que, catholiques et protestants, nous nous retrouvons minoritaires, presque sur la marge, dans une société profondément plurielle. La question n’est plus de chercher à défendre une identité protestante mais plutôt de trouver un nouvel élan de foi.

Ici, la démarche protestante de toujours revenir à la source des Ecritures, peut nous être précieuse. En l’occurence, et Pentecôte vient de nous le rappeler, elles proclament que l’Eglise naît du don de l’Esprit. Il est pareillement significatif que la bonne nouvelle d’un Dieu proche des hommes et agissant en leur faveur, naît lorsque Jésus reçoit le même Esprit à son baptême.

Les Actes des apôtres insistent sur l’unité originelle des croyants, tous rassemblés, en un même lieu ! mais non pour rester refermer sur eux; c’est justement le miracle du St-Esprit que de faire sortir, et finalement de disperser les croyants afin que la bonne nouvelle soit entendue parmi toutes les nations.
C’est ce défi que, catholiques ou protestants, nous redécouvrons petit à petit. Il est alors peut-être moins utile de chercher à retrouver une unité originelle que de s’inscrire dans cette dynamique qui a fait naître l’Eglise. D’ailleurs, celui qui a fondé l’Eglise sur son enseignement, sur sa mort et sa résurrection, n’est-il pas celui qui, en toute fin, rassemblera ceux qui auront vécu de sa vie ? 


Aujourd’hui donc, demeure l’appel à offrir le témoignage d’une foi vivante, une foi qui change notre vie et qui change la vie autour de nous, une foi portée par le St-Esprit et porteur de ce même Esprit, bref, une foi tournée vers les autres !

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